Mardi 1 janvier 2008

Comme un petit serpent bleu, la petite rivière Vicha entoure sept collines crépues.
Chaque colline ressemble à une toque en mouton. Chaque colline au printemps présente son chœur musical. Chaque colline est une source d'arôme frais des bourgeons collants et des feuilles qui s'ouvrent juste. Ici, dans les bois de bouleaux, se frayant un passage à travers la verdure arborée, descendaient de la montagne les murs blancs des monastères et sur les vertes plaines herbeuses s'enracinaient des petites églises basses et arrondies.
Déjà durant les jours de fêtes, les collines bruissaient de sons étouffés et lents. Sur les chemins verdoyants venant des villages alentour et se dirigeant vers les monastères, se traînaient des files de campagnardes vêtues de larges vestes et de jupes pesantes, démodées, en cotonnade de diverses couleurs.
De la ville, des fiacres couverts de poussière amenaient lentement un pieux intellectuel. Près des murs blancs, des mendiants chantaient en nasillant et des vieilles proposaient des petites croix et des images saintes aux teintes pâles. Des pèlerins venant de Palestine vendaient à des crédules des bouteilles d'eau sainte et des fragments de la Croix de Jésus. Des gens plus intelligents vendaient des gâteaux, du kvas, des boucles d'oreilles bon marché, des bagues, des sifflets d'argile, des jouets, des étoffes colorées, des galanteries.
Autour des monastères, pendant les semaines de fête, il y avait aussi la foire avec des arlequins, des manèges, des théâtres de marionnettes, des étals ; la foule s'y promenait et les batailles entre ivrognes s'y déroulaient. Le matin, les gens se tenaient à genoux dans les églises devenues noires et à moitié sales et l'après-midi, ils se déversaient à la foire, buvaient et se débauchaient. Le soir, la forêt entendait les trilles joyeuses de l'harmonica et la nuit, en prêtant l'oreille, on pouvait entendre des bribes de cris d'ébriété, un rire cru, les gémissements des filles terrorisées prises de force.
C'était ainsi.
Mais maintenant, les cloches avaient été enlevées des clochers des églises et les croix ornementées des coupoles. Maintenant, on ne fait plus de service dans les petites églises qui penchent vers le sol. Il n'existe plus de foire, ni de commerces galants. Il n'y a plus de beuveries ni de bagarres ni de promenade de la foule. Dans les bois tout est tranquille. La rivière bleue Vicha circule calmement autour des sept collines et dans ses eaux diaphanes se mirent avec obéissance les verts contours des trembles et des bouleaux. Près du bord, des petits bateaux flottent et on entend au dessus de la surface de la rivière, les voix sonores des enfants.
Dans deux des monastères de Semigorski, on a aménagé des maisons d'enfants. Dans les anciennes cellules, les fenêtres sont ouvertes et le soleil afflue sur les lits propres des enfants et sur les planchers justes teints en jaunes. Dans l'église les murs sont peints en bleu. Une estrade est posée sur la chaire. Où auparavant arrivait la barbe de Dieu, maintenant se trouve la devise en aquarelle avec des fleurettes vertes de chaque côté : "Le premier mai, que l'on tende la main aux enfants du monde entier ! "
Sur le bord d'une petite pelouse, on a fait le potager. Dans des ondes régulières, des planches sont justes enfoncées. Entre elles, les enfants courent rapides comme l'éclair. Olga se trouve sur le petit pont et aide les plus petits à prendre de l'eau dans la rivière. Ses manches sont relevées jusqu'aux coudes. Ses bras ont un peu bronzé. Son visage est coloré et ses yeux regardent avec gaieté.
- style="color: fuchsia;">Attention les enfants ! Ne mouillez pas vos pieds, vous allez vous enrhumer !
-         
Olga Alexevna, avec Burkin, nous avons fini la parcelle ! Que faisons-nous maintenant ?
L'enfant, comme une souris couverte de sueur, retire sa chemise.
- style="color: fuchsia;">Bon je pensais à ça justement ! Remets toutde suite ta chemise ! Pourquoi t-es-tu autant dépêché ? Je te l'ai déjà dit ! Va demander tout de suite à Maria Federovna qu'elle te donne une autre chemise !
Une vieille institutrice vient vers Olga.
- style="color: fuchsia;">Pourquoi vous inquiéter, Olga Alexevna ? Les enfants ont l'habitude !
Ne l'écoutant pas, Olga crie de terreur :
- style="color: fuchsia;">Lunia, Lunia, ne porte pas le seau toute seule ! Nicolas, aide la tout de suite !
L'institutrice Alexandra Ivanovna s'assied sur une bûche.
- style="color: fuchsia;">Certes les enfants aiment et adorent qu'on s'occupe d'eux. Mais, d'un autre côté, on ne doit pas trop le faire. Un enfant doit avoir son autonomie !
Au lieu de répondre, Olga murmure dans sa barbe :
- style="color: fuchsia;">Aujourd'hui, deux enfants se sont déjà baignés ! Pensez-vous que c'est bon ?
Elle prend l'arrosoir et monte dans le jardin.
- style="color: fuchsia;">Bon, voilà, les enfants, nous avons effectué avec vous une grande tâche juste avant le premier mai ! Les ouvriers nous remercieront ! Regardez tout le champ que nous avons travaillé ! Maintenant, allons déjeuner et après, ceux qui le désirent pourront encore aider à planter les pommes de terre et alors notre maison d'enfants figurera sur le tableau d'honneur !
Comme une évidence, tous désiraient planter les pommes de terre. Les enfants ont entouré Olga et ils essayent de parler plus fort que le voisin :
- style="color: fuchsia;">Est-ce que ce soir, on va se promener en bateau, Olga Alexevna ?
- style="color: fuchsia;">Et j'ai capturé un scarabée, Olga Alexevna ! Un énorme !
- style="color: fuchsia;">Et j'ai trouvé une petite vitre verte ! Regardez là !
Olga sourit.
- style="color: fuchsia;">S'il vous plait, regardez, Alexandra Ivanovna ! J'ai trouvé l'Amérique ! Savez-vous, j'ai toujours eu un peu peur des enfants. Et je ne les aimais pas sauf la mienne. Ils me semblaient tellement désobéissants ! Mais, ici, je les apprécie. Et vraiment, moi-même, je suis devenue une autre personne à ce sujet !
Alexandra Ivanovna la regarde fixement.
- style="color: fuchsia;">Vous semblez avoir vécu très isolée ? Est-ce que votre mari est très occupé ?
Olga est pensive pendant un moment.
- style="color: fuchsia;">En général oui ! Mais vous savez, je pense que c'est de ma faute. En regardant en arrière, je sens la peur !
Alexandra Ivanovna est silencieuse sans y prendre garde. Olga écoute le rapide pépiement d'un oiseau, puis soupire soudain suffocant d'extase.
-style="color: fuchsia;">Entendez-vous comment chantent les oiseaux ? … Sentez-vous comme c'est bon ici ?
Elle sourit franchement mais la vieille institutrice remarque dans ses yeux de la tristesse.

par marilou publié dans : Le roman Metropoliteno en français
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Dimanche 23 septembre 2007

Comme je voulais profiter de toutes les potentialités de la V2,  je transfère tous les articles existants sur un nouveau blog.

J'attends donc la nouvelle version avant de mettre de nouveaux articles. Elle se fait attendre ...

par marilou publié dans : Eventoj
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Jeudi 6 septembre 2007
Les auditeurs dans leurs pensées, tordent dans leurs doigts leur cigarette et regardent le sol. Vitali va à la pointe même de l'étrave et s'assied sur la froide barrière en fer forgé de la balustrade à moitié tourné vers la mer. Les vagues vertes se rencontrent rapidement. Poussées contre le bateau à vapeur, elles explosent bruyamment, comme une fontaine de gouttes brillantes. S'il s'incline en dessous, la musique puissante des vagues couvre l'harmonica. S'il se retourne alors …:
"Une belle fille trône ici avec des bijoux d'or.
La chevelure dorée couronne le beau visage" …

Vitali semble se rappeler :
… Alice a posé sur son épaule sa petite tête dorée … Les yeux bleus sont fermés par des paupières légèrement tremblantes. Il prend son visage rougissant dans ses mains et embrasse les paupières d'un mouvement naturel des lèvres. Dans la cabine, il n'y a que lui. Tous sont allés sur le pont supérieur ou bien se disent adieu sur le bord. Au dessus de sa tête, résonnent le martèlement de dizaines de pas, les grincements d'une grue, des cris abrupts, le brouhaha des bagages tombant dans la cale. Des voix et des pas métalliques sur l'escalier. A travers le hublot éclairé, des lumières et des ombres alternent. Une petite lampe bleue pend au plafond. La lumière, en stries d'égale largeur, tombe sur les valises fermées, les couchettes à deux étages et leur échelle, le lavabo de marbre et les tablettes ….
Il se rappelle seulement un rêve. Oui, il est parti sans revoir Alice. Et alors, pourquoi se rappeler ? … Le marin chante une deuxième chanson :
"Attachez le bateau.
Holà, belle pêcheuse ! …"
Vitali se met à frissonner et se retourne vers les gens. Ils sont assis en silence, ne se regardant pas les uns les autres. Le vacarme de la mer bat les oreilles comme un accompagnement monotone et émoussé. Un voile blanc argente tout sur la droite. Le vent est presque nul et le bateau semble rester sur place. Là tout près, il y a la terre, là tout près, se trouvent les côtes de la Baltique, là se trouve la vie, industrieuse, brouillonne, inquiète, comme avant. Et ici, s'étend l'immensité sans limite, la profondeur sombre et angoissante …
"Ho, mon cœur ressemble à la mer.
Il ondule de passion
Et de même nous offre
Des perles rares !" 
Vers le 3ème jour, "Preussen" atteignit Leningrad. Des bastions d'acier de la frontière fortifiée ont poussé ici et là, avec leurs teintes mates de plomb. " Preussen" ralentit son avancée et peu à peu trouva la bonne voie régulière. Avec une forte sirène, les cuirassés soviétiques le dépassaient. Les passagers amassés à la rambarde, secouaient des mouchoirs et criaient en cœur :
-         Vive l'URSS ! Vive l'armée rouge !
L'équipage des cuirassés répondait :
-        
Hurrah !

Bruissant délicatement à la surface, juste sous le côté même du bateau, un sous-marin étroit et long naviguait. Un marin nettoyait le cadran en cuivre sur la vitre ronde de la tourelle, cracha dans ses mains et ricana en levant la tête vers le bateau.
Les passagers russes riaient constamment, en bavardant vivement et dans leurs yeux des petites étincelles de gaieté brillaient. Les Allemands étaient nerveux. Ils attendaient avec crainte la rencontre inévitable avec les "gendarmes rouges". Les "gendarmes" apparurent bientôt sur un petit cotre.
Plusieurs fois "Preussen" siffla lentement, le cotre aborda le bateau et les passagers amassés près de la balustrade virent monter sur le bateau deux hommes en jaquette verte aux boutons dorés tenant des porte-documents. Les hommes étaient ordinaires, avaient un aspect tranquillement affairé et s'ils n'avaient pas eu des étuis de révolver à leur flanc, les Allemands n'auraient pas fait de différence entre les douaniers de Stettin et les "gendarmes rouges".
Pendant que le capitaine présentait les documents de bord, les passagers regardaient le port soviétique. "Preussen" entra dans un étroit et long chenal entre deux bandes de terre s'enfonçant dans le golfe. Sur elles on voyait des feux où les pêcheurs cuisaient des pommes de terre. Sur le chemin, un char paysan se balançait et un petit cheval courait rapidement entre les arbres, regardant le miracle de la mer avec étonnement. Des bouées de diverses couleurs et des mâts de bordure montraient la voie.
Dans le delta de la Neva, des bateaux étrangers s'amassaient. Ici, comme à Stettin, les grues grinçaient et la vie portuaire bourdonnait. Du bord quelqu'un cria dans un porte-voix :
-        
Le quai du lieutenant Schmidt !
Avec un dernier salut affable au capitaine (" Auf Wiedersehen, mein Herr"), disparut définitivement l'Allemagne et commença l'Union Soviétique.
Sur le quai, des cochers, trébuchant dans les plis de leur jaquette, luttaient pour les passagers et des chauffeurs les invitaient dans leur voiture, s'arrachant les uns aux autres les valises.
Vitali loua un fiacre. Sa valise à côté de ses pieds, il regarda autour avec le sentiment d'un homme qui revient après toute une année passée à l'hôpital.
Déjà le crépuscule arrivait et sur Nevski les lanternes s'allumaient. La foule qui se promenait remplissait les larges trottoirs. Un brouhaha de voix joyeuses était suspendu dans l'air. Comme la rue était tranquille, comme la foule était simple et familiale !  Les jeunes filles sans chapeau, en simple corsage, les jeunes sans la cravate traditionnelle allemande ! Un rire sans gêne, sans souci !
Leningrad, la ville laborieuse ! Russie travailleuse, terre des Soviets, bonjour !

par marilou publié dans : Le roman Metropoliteno en français
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Samedi 18 août 2007
"Preussen" est maintenant un des meilleurs bateaux à vapeur allemands, parmi ceux qui naviguent entre Stettin et Leningrad. Si on le regarde de l'extérieur, il apparaît fier, haut et droit, avec une forte proue escarpée. Comparé aux barcasses rencontrées, qui ressemblent aux soupières sales maculées de graisse et couvertes de suie venant de la cuisine d'une cuisinière malpropre, "Preussen" est un beau gars. Sur lui, tout ce qui est en cuivre brille comme un réchaud soigneusement entretenu : les vergues de la balustrade sur les escaliers et les coursives, les cadrans des compas et des chronomètres, les porte-voix, les sifflets et le reste. Le pont est brossé et frotté au lave-pont jusqu'à ce qu'il brille comme un plancher. Sur le pont rien n'est superflu. Tout est rangé, tout ce dont on n'a pas besoin est placé à l'intérieur, tout est couvert par de pesantes toiles cirées et arrimé aux fermetures de la cale.
"Preussen" est confiant et suffisamment obstiné. Il ne fait pas attention au temps. Ca lui est égal qu'il pleuve, qu'il fasse soleil, qu'une tempête de février tourmente la malheureuse mer Baltique ou que la surface argentée sans limite se fige dans le calme profond.
Hier dans la nuit, la tempête s'est déchaînée. Depuis Stettin, juste après avoir laissé le labyrinthe des feux, le monstre d'acier a essuyé la pression puissante de la tempête. Le cyclone en colère a enveloppé sa proue d'un grand manteau avec un rugissement sauvage se battant contre les pointes des mâts et frappant les ponts avec de grosses gouttes de pluie. La mer devenue furieuse jetait de lourdes couches d'eau sur les vitres hermétiquement closes des lampes, les inondant de larmes qui roulaient. Ayant rassemblé ses forces et s'étant raidi, il embrassa la rambarde du bateau d'une étreinte froide et glissante. Il s'accrocha à la balustrade et avec le tonnerre, tomba et s'écoula sur les ponts, lavant les parois des cabines. "Preusen" avec provocation redressa l'étrave se noyant dans l'abîme, et semblable à un chat mouillé, il se secoua pour se débarrasser des ruisseaux de paquets d'eau de son dos et de ses flancs. Le vent déchirait furieusement les boucles de fumée noire, la mer, dans sa colère impuissante, écoutait un moment le martèlement tranquille du moteur dans le corps de fer et de nouveau se jetait dans des attaques infructueuses. "Preusse" ne craignait pas la tempête.
Mais en dessous, dans les cabines, dans les corridors, sur les escaliers, dans les toilettes – partout claquaient les fines portes, partout, on entendait les gémissements incessants des passagers. Tremblants de froid de la tête aux pieds, couverts de sueur glacée, ils essayaient de s'accrocher aux murs, à la balustrade, mais ils retombaient toujours sur le plancher, roulaient à travers les cabines, se sentant poussés dans le dos. Les yeux rigides de peur suppliaient, mais aucune miséricorde ne venait.
Tapis, en vêtements de nuit, des gens se rencontraient dans les corridors, se regardaient les uns les autres de leurs yeux à demi fermés et gémissaient avec le vent. Avec des fragments de pensée lucide, l'espoir brillait : peut-être cela va s'arrêter ? Peut-être cela va cesser ? … Mais alors les larmes comme du grésil, sortaient de leurs yeux, leur tête retombait dans quelque abîme et tout recommençait …
Aujourd'hui, le silence règne. Un mousse lave la passerelle, anéantissant les traces des évènement d'hier. Dans les cabines les rideaux sont baissés.
Enfin tranquillisés les passagers s'enfouirent dans des coussins, enfilèrent tout ce qui était possible pour se réchauffer et s'enfoncèrent dans un néant heureux.
La cloche appelle pour le petit déjeuner. Le steward frappe aux cabines, invite à mi-voix : "Früstück". En vain. Seules quelques figures endormies se dirigent vers la salle à manger en faisant claquer leurs pantoufles, enroulés dans des vêtements sales qu'ils avaient réussi à enfiler la nuit.

Ce n'est qu'avant le repas de midi que le public apparaît sur le pont. La mer vaincue s'étend tout autour, comme une plaine d'émeraude. Du bateau à vapeur des étincelles dorées courent vers l'horizon. Le ciel bleu couvre la mer comme une tasse japonaise. L'air salé est frais et agréable. Au loin, traînent des boules bleues de fumée. Parfois, elles rencontrent et grimpent sur des bateaux de marchandises ou de passagers. Alors "Preussen" fait entendre un son harmonieux et sur les rambardes des deux bateaux, les occupants balancent des grands drapeaux. Alors les passagers sortent lentement de leur poche leur Kodak et en visant, appuient sur le déclencheur.
-         Comprenez-vous, camarade, - dit à Vitali, un prisonnier militaire des Allemands- mon cœur bat très fort, quand je pense que je dois revenir dans mon village. Depuis 15 ans j'ai quitté la Russie.

-         Et que faisiez-vous en Allemagne ? – demande Vitali.

-         Ich arbeitete. Je travaillais. Est-ce que vous pouvez comprendre ? J'ai d'abord travaillé à la campagne puis on m'a accepté dans la fabrique. Fabrique de porcelaine.

-         A la fabrique de porcelaine ? Pour des outils en porcelaine ?

-         So, so !

A droite, on voit les stries de terre.
-        
La Lettonie ! – dit une jeune blonde. – Nous sommes en train de dépasser Riga.

Un aspirant de l'Académie communiste de Moscou, revenant chez lui, la regarde dans les yeux de près et essaie de plaisanter :
-        
Mais nous avons déjà visité une fois Riga*, mademoiselle n'est-ce pas?

Un vieux juif avec une barbe dense et frisée, repousse sans succès les attaques de son fils. Le fils le tient par les plis de son vieux paletot, secoue le siège, lui a arraché sa calotte. Le père boutonne sévèrement son paletot et incliné vers Vitali demande à mi-voix :
-        
Pensez-vous, camarade que je paierai un supplément pour la machine?

Vitali lève les épaules. Il ne pense rien de la machine du confiseur. Ne comprennent-ils pas qu'il ne peut pas s'intéresser en ce moment, aux soucis du vieil artisan, qui a peur de perdre son bien, ni ressentir la joie du prisonnier militaire, revenant dans sa patrie, ni même le sentiment d'un jeune homme face à une charmante jeune fille. S'accrochant avec les poignées à la balustrade, il va vers l'étrave. Un escalier escamotable descend vers le pont inférieur. Ici, en concurrence avec le bruit des vagues, un marin joue de l'harmonica. L'air est connu et douloureusement triste. C'est "Lorelei".

"Ich weiss nicht, was soll es bedeuten,

dass ich so traurig bin ...

Ein Märchen von ulraten Zeiten,

es kommt mir nicht aus dem Sinn !"

"Je ne sais pas pourquoi

mon coeur est triste,

Une vielle histoire reste

Pour toujours dans ma mémoire ! "
 

* Jeu de mot en russe : "visiter Riga" veut dire vomir.

par marilou publié dans : Le roman Metropoliteno en français
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Mercredi 25 avril 2007

1 : uno ; 2 : du ; 3 : tri ; 4 : kvar ; 5 : kvin ; 6 : ses ; 7 : sep ; 8 : ok ; 9 : naŭ : 10 dek ; 100 : cent ; 1000 : mil

Tous les autres chiffres sont la combinaison de ceux-là. Exemple :

12 : dek du ; 20 du dek ; 65 : ses dek kvin ; 2007 : du mil sep ...

A partir des chiffres on peut construire :

- o : substantif : unuo : unité ; dekduo : douzaine ...

-a : adjectif numéral : tria : troisième ...

-e : adverbe : unue : premièrement ...

-obl/ : multiplicatif :  la duoblo : le double ...

-on/ : fractionnaire : la duono : la moitié ...

-op/ : collectif : triopo : un trio

par marilou publié dans : La lingvo
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